communiqué canal seine-nord europe

Publié le 26 Septembre 2012

La déclaration de Bouygues Construction – rendue publique au mois d’août – a eu au

moins le mérite d’amener l’Etat et les différents acteurs publics à se prononcer sur le devenir

du projet de construction du Canal Seine – Nord Europe.

Nous ne sommes hélas pas surpris de la tournure des évènements tant il nous semblait que

ce projet, de portée internationale avec de réels enjeux pour les territoires concernés, devait

être conduit dans le cadre d’une maîtrise publique, qu’il s’agisse de son financement et de

son exploitation.

A l’évidence, le parti-pris retenu ne pouvait conduire qu’à la situation que nous vivons

aujourd’hui. Nous sommes confortés dans nos convictions que les P.P.P. (Partenariats Public

Privé) comportent bien trop d’aléas dans leur montage et posent aussi la question éthique de

l’investissement d’argent public aux fins de réalisation de profits financiers privés.

Le consortium Bouygues (et sans doute aussi le consortium concurrent mené par Vinci

étrangement silencieux dans cette affaire) avait prévu de recourir à l’emprunt pour financer

sa participation et objecte maintenant le surenchérissement du crédit. Par ailleurs, il met en

doute le montant initial de 4.3 milliards d’€ en estimant qu’il est très sous-évalué. L’Etat

semble confirmer cette préoccupation en lançant une mission d’analyse sur la faisabilité

financière de ce projet.

L’Etat, les consortiums, les représentants des collectivités territoriales se renvoient la

responsabilité du « plantage » de ce dossier en évoquant le manque de sincérité des uns et

des autres sur le financement, la crise qui « plombe » le contexte financier, etc.

Cette cacophonie aurait pu et dû être évitée par la création d’un pôle financier public ayant

vocation à financer ce genre d’investissement public pour l’aménagement du territoire

national au service de l’intérêt général. Les acteurs financiers publics existent – Caisse des

Dépôts, Banque de France, Banque Postale,… et d’ailleurs certains d’entre eux vont participer

au montage de la Banque Publique d’Investissement en faveur des PME et PMI.

De même l’exploitation d’une telle infrastructure relève de l’intérêt général et doit profiter

aux territoires et à leurs habitants en premier lieu. Il faut avoir en tête que le chantier à lui

seul représente un potentiel de près de 10 000 emplois directs, indirects et induits. Ne sont

pas comptabilisés dans ces données, les emplois liés au fonctionnement et à l’exploitation du

Canal et de ses plateformes.

C’est pourquoi la CGT réaffirme son engagement pour la défense de ce

projet et demande que son montage soit revu pour satisfaire aux besoins de

l’intérêt général dans le cadre d’un développement humain durable.

Rédigé par CGT Norbert dentressangle

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